Introduction
Parmi les groupes iconiques de rock progressif, Genesis est surtout connu pour le superbe quintet de Peter Gabriel, Phil Collins, Steve Hackett, Mike Ruthefrod et Tony Banks, qui ont joué ensemble de 1971 (sorti de l’album Nursery Cryme) jusqu’en 1974 (sorti de l’album The Lamb Lies Down On Broadway). Très hautement glorifié au début des années 70 pour son style théâtrale et l’immense talent de ses musiciens, Genesis est un incontournable du rock progressif.
Selling England By The Pound est un album ‘’concept’’. C’est-à-dire, une oeuvre unifié par un thème ou une histoire élaborée et dominante. Il traite la chute de la Grande-Bretagne, perdant son empire et les conséquences sur la vie quotidienne des Anglais. La crise qu'ils ont endurée et la première crise pétrolière qui s'est produite à cette époque.
Si je compare cet album aux deux albums précédents, Foxtrot et Nursery Cryme (deux excellents albums en leurs genres, dont je ferais une analyse plus tard), Selling England By The Pound est plus léché. Il exploite davantage la virtuosité du claviériste Tony Banks et du guitariste Steve Hackett, tout en conservant la lumière sur la folie créatrice de Peter Gabriel.
Membres du groupe au moment de l’album
Peter Gabriel (Parolier, chants, percussions, flûte traversière et hautbois)
Peter Gabriel est tout simplement un génie. Parolier incomparable, chanteur incroyablement charismatique et musicien sous-estimé, il est l'une des figure les plus connues du rock progressif. Gabriel a pratiquement inventé la théâtralité du rock. En spectacle, Genesis a connu beaucoup de succès en grande partie grâce à la présence flamboyante sur scène de leur chanteur. Il utilisait de nombreux costumes extravagants et des histoires fantastiques, racontées pour l'introduction de chaque chanson.
Tony Banks (Orgue Hammond, piano, mellotron, synthétiseurs ARP Pro Soloist)
Les claviers de Tony Banks sont plus lisses et plus subtils que sur Foxtrot. Le piano est plus présent et il réduit la présence d'orgue au profit d'un synthétiseur Hammond au son plus doux. Les chœurs de mellotron sont également grandement appréciés. Pour son œuvre d'art légendaire sur les pièces The Cinema Show, Firth Of Fifth et plusieurs autres solos épiques (parmi ceux là, les nombreux solo du classique chef-d'œuvre Supper's Ready de l'album Foxtrot), je n'ai pas le choix de déclarer Tony Banks comme le plus grand claviériste de tous les temps. Une très légère petite coche au dessus de Keith Emerson (ELP), Rick Wakeman (Yes) et Rick Wright (Pink Floyd)
Steve Hackett (Guitares électrique et guitare acoustique)
La guitare de Steve Hackett est pour la première fois vraiment sentimentalement orientée: Les solos romantiques, jamais agressifs, sont la nouvelle marque de commerce sur ce disque. La guitare acoustique est encore très omniprésente.
Mike Rutherford (Basse, sitar électrique et guitare 12 cordes)
La basse non monotone de Mike Rutherford est omniprésente tout au long de l’album et donne une bonne base pour les chansons complexes. Il est responsable pour l’intro mémorable de The Cinema Show, grâce à sa sublime guitare 12 cordes.
Phil Collins (Batterie, percussion et vocalise)
Croyez-le ou non, à cette époque, Phil Collins était connu seulement comme le batteur de Genesis, rien de plus … Sur cet album, les passes de batteries de Collins sont tout franchement exceptionnelles, jamais simple, mais elles ne prennent pas trop de place. Leur son est plutôt modéré, donnant à l'album une tendance à la douceur. Aujourd’hui une légende de la Pop, il ne faut cependant pas sous-estimé le talent de batteur de Collins, ainsi que la place qu’il occupe dans l’histoire du rock progressif.
Couverture
L'illustration de couverture de l'album, qui est un tableau de Betty Swanwick intitulé Le ‘‘rêve’’ (The Dream) et où l'on voit un personnage allongé sur un banc à côté d'une tondeuse à gazon (à gauche), fait référence aux mots ‘I'm just a lawn mower’’ de la chanson I Know What I Like. Cette référence sera plus amplement expliqué lors de l’analyse de la pièce.
Les Chansons
1. Dancing With The Moonlit Knight (8:01)
‘’Old man dies!"
The note he left was signed 'Old Father Thames'
It seems he's drowned
Selling england by the pound’’
Paroles : "Can you tell me where my country lies? Said the unifaun to his true love's eyes ...’’ s’exclame le chanteur Peter Gabriel d’une voix mélancolique, exécutée sans accompagnement. C’est par ces deux phrases a cappella, débordées de sens et d’émotions, que se débute le chef-d’œuvre Selling England By The Pounds. Dancing with the Moonlit Knight possède probablement la meilleure ouverture de tout album confondu. Elle donne la chaire de poule. Sans aucun doute, l'un des moments les plus mémorables de l'histoire du rock progressif. Dès la deuxième phrase, Gabriel fait un jeu de mot avec la sonorité ‘’unifaun’’ et ‘’uniform’’. Tout se résume au génie de Peter Gabriel, qui désire jouer des tours avec l'esprit de ceux qui osent écouter attentivement les paroles. Dans le texte du parolier, le mot ‘’unifaun’’ veut dire ‘’uicorn’’ (licorne) et représente l’histoire antique de l’Angleterre. Dancing With the Moonlight Knights est un magnifique commentaire social partiellement habillé en légende. La chanson dit tout dès le début ; la perte d’importance de la Grande-Bretagne, la reine et la nostalgie d’une monarchie jadis plus puissante et plus respectée, l’esprit du vieux père ‘’Thames’’ (référence d’une chanson traditionnelle de l’Angleterre de Peter Dawson) ne reconnaissant plus sa terre, etc … S’en suivent des récits et contes symbolisant la chute Anglaise tant décriée par l’auteur.
Mélodies : L'intro a capella par Peter Gabriel est l'un des meilleurs exemples du grand chanteur qu’il est. Probablement pas aussi doué que Greg Lake ou Freddie Mercury, Peter ajoute cependant toujours quelque chose de plus que j'aime appeler ‘’avoir de l’âme’’. Il est très difficile de chanter ce genre d'introduction, alors que les instruments commencent lentement à joindre sa voix, sans perdre la bonne clé à tout moment et il le fait comme un vrai maître. Il est accompagné par la douce guitare acoustique de Steve Hackett et du piano passionné de Tony Bancks. Hackett commence ensuite le thème récurrent de guitare qui consiste à introduire l'adrénaline de la chanson. Des voix synthétisées, des rythmes de tambours et des riffs de guitare étonnamment rapides s’entremêlent afin de créer une mélodie à la fois chaotique, mais douce. Tout au long de la pièce, l’auditeur est surpris par les changements de clés, de tempo et de mélodies. C’est le rock progressif à son état pur, ainsi qu’à son meilleur. Les riffs répétés, à la fois au clavier et à la guitare, en font une pièce incroyable, à eux seuls. Gabriel chante soudainement comme s'il parlait à deux personnes différentes, comme s'il leur donnait des instructions. Il est le maître des changements de tons tout en chantant. La chanson se termine par la même humeur mélancolique qu’elle a commencé ; une succession de guitare, synthétiseur, flûte, mellotron, percussions qui accompagnent doucement une suite récurrente d’accords provenant de la guitare 12 cordes de Mike Rutherford. Le tout s’estompant doucement dans le fond musical magnifiquement rêveur. Tout simplement brillant!
2. I Know What I Like (In Your Wardrobe) (4:06)
‘’ When the sun beats down and I lie on the bench,
I can always hear them talk.
Me, I'm just a lawnmower - you can tell me by the way I walk.’’
Paroles : I Know What I Like est une pièce fantaisistes qui me fait beaucoup penser, dans sa forme, à I Am The Walrus, des Beatles. Les couplets sont construits de façon à jouer avec les mots. La sonorité linguistique prédomine donc sur le sens des textes. La chanson est basée sur la couverture de l'album ou peut-être l’inverse … La question n’a jamais vraiment été clarifiée. Il se peut même que l’ambiguïté du mystère soit même intentionnel de la part de l’excentrique Peter Gabriel. Aussi loufoque que cela puisse paraître, la pièce est chantée du point de vue d'une tondeuse à gazon et les paroles sont assez cryptiques. Le personnage principal, donc la tondeuse à gazon (j’ai eu beaucoup de difficulté à retenir mes rires en écrivant ces quelques phrases, que Dieu bénisse la démence de Peter Gabriel) raconte ou plutôt rapporte les multiples conversations des gens traversant le parc dans lequel elle se trouve. Pour moi, les paroles de cette chanson est une représentation parfaite de l’humour britannique.
Mélodies : Infectée par des touches pseudo-tropicales, la chanson a une sensation pop en elle-même, sans tomber dans les pièges de facilité. Elle débute de sombre façon, aidé par les sons de tondeuse généré par le clavier de Tony Banks, complètement hypnotisant. C'est un bon équilibre entre les chants ensoleillés qui suivent le couplet récité comme un poème par Gabriel et la démence du thème. Phil Collins joue un rôle primordial, le son de sa batterie ressemble à un battement cardiaque. Il faut également souligner les brillants passage de la sitar électrique de Mike Rutherford et de la flûte traversière de Peter Gabriel.
3. Firth Of Fifth (9:34)
‘’ The path is clear
Though no eyes can see
The course laid down long before ...’’
Paroles : La chanson représente la réticence de l'homme à affronter sa propre destinée. Que nous ne sommes pas immortels et que la mort est inévitable; ‘’The scene of death is lying just below’’. Firth Of Fifth poursuit le thème principal de l'album Selling England By The Pound; une nostalgie patriotique pour l'Angleterre d'autrefois. Donc, un chevalier ou un roi passe devant les maisons des gens ordinaires. Le noble est comparé à Dieu ou à Jésus et d'une certaine manière, l’auteur proclame que la Grande Bretagne a besoin d'un sauveur. Le titre de la pièce réfère également à l'estuaire du fleuve Forth de l'Écosse, où il s'écoule dans la mer du Nord, entre les villes de Fife au nord et Lothian au sud. Il était jadis connu sous le nom de Bodotria, à l'époque romaine. Le mot ‘’Firth’’ est d’origine écossaise et désigne un regroupement d’eau côtières en Écosse. L’auteur de la pièce, Tony Banks, a changé le nom de la rivière ‘’Forth’’ pour ‘’Fifth’’ seulement afin de truquer l’auditeur, pour finalement intitulé la pièce ‘’Firth Of Fifth’’. Le changement de nom a également pour but de créer une sorte de lieu mystique dans lequel le récit incarne diverses pensées religieuses.
Mélodie : Si vous voulez savoir pourquoi le guitariste Steve Hackett et le claviériste Tony Banks sont tenus en si haute estime, vous avez seulement besoin d'écouter Firth Of Fifth. Une pièce complexe qui met en valeur l’entière virtuosité des musiciens de Genesis. L’ouverture épique de la chanson démontre que Banks a d’excellent antécédents en musique classique. Digne des plus grandes pièces de Beethoven, l’intro du pianiste est un chef-d’œuvre en soit, bien que le meilleur reste encore à venir. Le magnifique morceau de piano classiquement orienté mène à un chant inspirant de Peter Gabriel et à de beaux éléments de production. La flûte de Gabriel définit une mélodie de signature, puis, après la marque de 4 minutes, le groupe décolle sur une série de parties parfaitement enchevêtrées, culminant avec quelques instants qui montrent l'intuition et le talent unique de Steve Hackett. Il construit l'un des plus grands solos de guitare de sa carrière, une perfection de flux et vibrato naturel (façon exacte d'expirer l'air afin d'émettre un son chanté par la voix humaine ainsi qu'un son provenant d’un instrument), une phase de plusieurs minutes de pur génie. Simplement un beau morceau de guitare, joué presque comme un violon. La chanson finit alors de la manière qu’elle a commencé ; reprise des couplets de Gabriel, pour enfin finir par des notes répétitives du piano de Banks.
4. More Fool Me (3:09)
‘’ The day you left
Well I think you knew you'd not be back
Well at least it would seem that way
Because you never said goodbye.
But when it comes round to you and me
I'm sure it will work out alright.‘’
Paroles et mélodie : More Fool Me est essentiellement un intermède, permettant à l’auditeur de prendre une pause émotive entre l’épique Firth Of Fifth’’ et les péripéties fantaisistes de ‘’The Battle Of Epping Forrest’’. Grandement sous-estimé et même mal-aimé des puristes du rock progressif, cette chanson possède plusieurs qualités qu’il ne faut pas ignorer. Bien que plusieurs la voit comme une simple chanson romantique simpliste, elle est plutôt une mélodie sombre et triste qui raconte une peine d’amour. Dans sa forme, la pièce est une simplicité déconcertante et totalement inverse au mouvement du rock progressif. Il s’agit tout simplement d’une voix douce et angélique de Phil Collins, accompagné de délicate notes de la guitare de Steve Hackett. Il est intéressant de noter qu’il s’agit de la toute première chanson interprété par Collins, alors bien loin de se douter de l’immense icône ‘’pop’’ qu’il deviendra dans les années 80 et 90. Malgré que certains la qualifiera de pièce ‘’oubliable’’, à mon opinion, More Fool Me sert parfaitement son utilité. Je la vois comme une douce entracte entre deux puissants actes.
5. The Battle Of Epping Forest (11:43)
Paroles : The Battle of Epping Forest représente une bataille entre deux bandes rivales sur les limites de leurs territoires. À l’instar de Dancing with the Moonlit Knight, la chanson est parsemé de commentaires sur le mode de vie anglais. Dans le récit, la grande bataille est considérée comme un énorme événement médiatique, avec des gens faisant des pique-niques et regardant la bataille tout en ne faisant rien pour arrêter le carnage qui s'ensuit. À la fin de la dispute, personne ne gagne. Ils sont tous morts. Le tout étant un énorme gaspillage de vie, qui aurait pu être arrêté par les gens qui en ont fait un spectacle public. L’un des spectateurs décide donc de lancer une pièce de monnaie dans les airs de déterminer le gagnant. Il s’agit donc d’une dénonciation de l’auteur envers la banalisation de la violence. Malgré la conclusion pessimiste qu’en fait Gabriel, les paroles un ton très humoristique, typiquement anglais.
Mélodie : The Battle of Epping Forest est un tour-de force symphonique, avec des environnements instrumentaux compliqués, interrompu par des parties lyriques et des lignes mélodiques. Une des performances vocales les plus théâtrales de Peter Gabriel. Il nous raconte tout simplement une histoire tout en se plongeant dans la peau des personnages, en changeant sa voix et parfois même en utilisant différents accents. Les musiciens parviennent à maintenir un équilibre parfait entre les mélodies électriques, acoustiques et à clavier. La section finale est à nouveau superbe avec une atmosphère dramatique, grâce à un brillant solo de synthétiseur de Tony Banks.
6. After The Ordeal (4:12)
Mélodie : After The Ordeal est une magnifique pièce instrumentale. Un peu à l’instar de More Fool Me, elle sert de pont entre deux puissantes chansons. La chanson a été principalement composé par Steve Hackett, jouant plusieurs guitares, l'une d'elles étant classique. Cette chanson démontre très bien son style pour ses futures œuvres en solo. L'inclusion de cette chanson dans cet album a causé quelques frictions au sein du groupe. Plusieurs croient que c’est à ce moment que l’idée de faire carrière seule à germé dans la tête de Hackett. Sa musique n'étant pas toujours reçue avec enthousiasme par le reste du groupe. Il contribuera néanmoins à deux autres albums du groupe, The Lamb Lies Down On Broadway et A Trick of the Tail. La merveilleuse flûte traversière de Peter Gabriel accompagne magnifiquement la guitare dans cette pièce.
7. The Cinema Show (11:06)
Paroles : Contrairement aux croyances populaires, Peter Gabriel n'a pas écrit cette chanson. Cinema show fût composé par Tony Banks et Mike Rutherford. Elle est principalement basée sur un classique littéraire de T.S. Eliot nommé The Waste Land. La chanson est fondamentalement construite autour d'une histoire moderne de Roméo et Juliette. Roméo a un rendez-vous avec Juliette au cinéma, ils ne sont que deux amants contemporains. Roméo essaie de conquérir l 'amour de Juliette avec des cadeaux, comme des chocolats ‘’Can he fail armed with his chocolate surprise?’’. Tandis que sa dulcinée se parfume pour attirer l'attention de son amoureux ‘’She dabs her skin with pretty smells, concealing to appeal’’. La ligne ‘’I will make my bed with her tonight’’ symbolise l’appétit sexuelle naturelle de tous les adolescents. L'auditeur comprend alors lentement que l'activité ‘’cinéma’’ est une métaphore de l'acte sexuel. C'est à ce moment que Peter Gabriel introduit un personnage de la mythologie grecque, Tirésias, inspiré directement du roman de T.S. Eliot. Selon la légende, la déesse Athéna changea le devin Tirésias en femme, puisqu’elle était las de son chauvinisme masculin et de son insensibilité envers le genre féminin. Elle désirait lui faire une leçon. Donc, selon les auteurs de cette chanson, en raison du fait qu'il était un homme et puis une femme, il pouvait expérimenter les deux côtés de l'acte sexuel, ‘’Once a man, like the sea I raged. Once a woman, like the earth I gave’’. Suit ensuite la ligne ‘’But there is in fact more earth than sea‘’. Ce qui symbolise ainsi la théorie de Banks et Rutherford que durant l'acte sexuel, les femmes éprouvent plus de plaisir que les hommes. Fondamentalement ils ont imaginé que la transformation de Tirésias l'a aidé a gagné une grande perspective dans la condition humaine. C'est le genre de chanson que vous obtenez quand un groupe d'écoliers classiquement éduqués forme un groupe de rock!
Mélodie : La chanson commence par de douces notes de la guitare à 12 cordes de Mike Rutherford. Elles accompagnent les profondes paroles, illustrées avec éclat par Peter Gabriel. La façon dont Gabriel chante l'histoire de Roméo et Juliette nous rappelle les troubadours de l'époque médiévale. Suite au couplet à propos du Père Tirésias, la chanson se déplace vers des chœurs vocaux interprétés par Gabriel et Phil Collins. Les voix s’entremêlent sublimement entres elles, un premier indice d’embrassade passionnelle entre les deux amoureux de la pièce. Ce segment sert également lien à une répétition du couplet à propos du Père Tirésias. Puis vient, vers les dernières secondes de la cinquième minute, un moment qui va redéfinir à jamais l'univers musical tel que nous le connaissons. Je dois l’admettre, j'ai hésité beaucoup et longuement réfléchie aux mots pour décrire la deuxième partie de la chanson The Cinema Show. Cependant, il n'y a aucun autre moyen de l’exprimer, le solo de synthétiseur de Tony Banks (plus précisément un synthétiseur ARP Pro Soliste) est tout simplement le plus grand morceau de rock progressive jamais réalisé. Plus qu’un solo, c’est une pure œuvre d'art qui représente le début de l'acte sexuel entre les deux protagonistes. Juste quand vous pensez qu'il a atteint le sommet, il continue, de plus en plus, de gravir un niveau plus élevé. En d'autres termes, ce segment est l'Everest du rock. Si vous devez écouter une seule partie musicale afin de comprendre pleinement ce que défini le rock progressif, il s’agit de ‘’CE’’ moment. Elle est à ce point génial. Et pourtant, ce que je viens d’écrire n’attribue même pas la moitié de la crédibilité qu’elle mérite. La seule action qui peut vraiment faire justice à ce solo, est de fermer toutes vos lumières, augmenter le volume de votre stéréo au tapis ou mieux encore, installer une paire d’écouteur de bonne qualité et de tout simplement profiter de ce cadeau du ciel. Imaginez une scène de pure passion entre deux amants et vous comprendrez pourquoi ce segment musical est totalement brillant. La contribution de Phil Collins au segment ne doit pas être sous-estimée. Il assiste parfaitement au brio de Banks, grâce à de savantes passes de batteries. Une fois que l’on a reprit notre souffle, la mélodie ralentit doucement et introduit la toute dernière pièce de l’album, Aisles Of Plenty.
8. Aisle Of Plenty (1:31)
Mélodie : Aisle of Plenty reprend les harmonies du début de l’album. Les chœurs généré par le synthétiseur crée un effet purement paradisiaque, permettant ainsi à Selling England By The Pound de se terminer par le même éclats dramatique qu’à l’ouverture.
Paroles : Les textes de la chanson de clôture ferme l’album sur le même thème qu’il a débuté ; la nostalgie d’une puissante Angleterre. Les timbres alimentaires et la hausse des prix rappellent à quel point l’empire Britannique est tombé durant la première crise pétrolière. Cette richesse naturelle fut, à cette époque, vendu à la livre à des Cheiks Arabes, ‘’Selling England By The Pound’’.
dans mes albums préférés.
RépondreEffacerLes rêves de Merrie Olde England se transforment en cauchemars consuméristes sur le troisième album de Genesis! c'est le disque parfait. Si vous ne l'avez pas, il faut l'acheter. Si vous l'avez, il faut l'écouter. L'un des trois meilleurs albums jamais enregistrés.
RépondreEffacerCe blogue gagnerait franchement à être connu ... C'est la première fois que je trouve d'aussi bonnes synthèses et analyses sur des bijoux malheureusement un peu oubliés. Je suis un désormais un lecteur fidèle et je recommande ce site. Excellent travail !
RépondreEffacerQui n'aime pas Genesis ne sait pas apprécier à sa juste valeur le rock progressif! Ils ont amené l'oeuvre initiale de King Crimson à des sommets inatteignable. Je suis d'accord avec vous, Peter Gabriel est un génie!
RépondreEffacerJ'ai adoré lire ce texte qui m'a fait découvrir un côté de Genesis que je ne connaissais pas beaucoup !
RépondreEffacerJ'ai réécouté l'album au complet et je ne suis toujours pas convaincu que ce groupe est un des meilleurs groupe de rock progressif, mais, comme on dit, chacun ses goûts et ses préférences. Néanmoins, une chose est sûr, c'est que quand tu composes de la musique de cette qualité, ça ne se fait pas sur le coin d'une table en 10 minutes. Ils ont dû en travailler une shot pour enregistrer cet album, des heures et des heures de pratique et de compo, j'ose pas imaginer. Tk, félicitation pour l'analyse, c'est comme toujours, bien rendu et bien décortiqué.
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