lundi 21 novembre 2016

Prologue : une définition du rock progressif




Le rock progressif est une forme de musique qui a vue le jour à la fin des années 1960 et connu son paroxysme durant les années 1970 dans le cadre d'une tentative, majoritairement britannique, d'élever la musique rock à de nouveaux niveaux de crédibilité artistique. 

Les groupes de rock progressif ont poussés les limites techniques et de composition du pop/rock en allant au-delà de sa forme standard ou de ses chansons populaires. Les groupes de rock progressifs utilisaient parfois des albums conceptuels, qui faisaient des déclarations uniques, racontant habituellement une histoire épique ou abordant un thème grandiose. Par exemple; Thick As A Brick, The Wall, The Lamb Lies Down On Broadway. 

Le mouvement progressiste s’est développé à partir du psychédélisme de la fin des années 1960, dans le cadre d'une tendance des artistes de cette époque, pour s'inspirer d’autres influences que le blues, le gospel et le rock’ n’ roll. Les groupes les plus connu de ce genre musicale sont sans aucun doutes Yes, Genesis, Pink Floyd, Jethro Tull, Emerson, Lake and Palmer et King Crimson, dont plusieurs experts reconnaissent comme le père fondateur du rock progressif. Alors que le rock progressif a atteint le sommet de sa popularité dans les années 1970 et au début des années 1980, les groupes néo-progressistes ont œuvrés, et œuvrent toujours, pour un public fidèle et moins commercial dans les décennies suivantes, tel que Marillion, Dream Theater et Porcupine Tree. 


Caractéristiques musicales

Les chansons du rock progressif évitent les structures communes de chansons populaires (couplets, refrains, couplets) ou brouillent les distinctions formelles en étendant des sections ou en insérant des intermèdes musicaux, souvent avec une dynamique exagérée pour accentuer le contraste entre les sections. Les chansons ont aussi souvent étendues des passages instrumentaux, mariant la tradition solo avec les traditions d'improvisation du jazz et du rock psychédélique. Tous ces éléments tendent a ajouter de la longueur aux chansons, qui peuvent durer plus de vingt minutes. 

Les premiers groupes de rock progressif ont élargis la palette sonore des instruments traditionnels (guitare, orgue, basses et batterie) en ajoutant des instruments plus typiques du jazz tels que la flûte, le saxophone et le violon. Certains instruments, notamment le synthétiseur Moog et le mellotron, sont devenus étroitement associés au genre. 

En se basant sur les influences classiques, jazz, folk et expérimentales, des artistes propres à ce genre, le rock progressifs tend généralement a être plus libre dans son approche rythmique que les autres formes de musique rock. L'approche adoptée varie selon l’artiste ou le groupe, mais peut varier de battements réguliers à des signatures temporelles irrégulières ou complexes. 

Chez les artistes du rock progressif, les influences blues du rock traditionnel sont souvent supplantées par le jazz et les influences classiques. Les mélodies sont plus susceptibles d'inclure des passages plus longs, en développement que courts et accrocheurs. 

Des paysages sonores ambiants et des éléments théâtraux peuvent être utilisés pour décrire des scènes, des événements ou d'autres aspects du concept. Par exemple, un leitmotive (une phrase, une formule qui revient à plusieurs reprises) est utilisé pour représenter les différents personnages de Harold the Barrel, The Battle of Epping Forest et Robbery, Assault and Battery du groupe Genesis. Plus littéralement, les sons des horloges et des caisses enregistreuses sont utilisés pour représenter le temps et l'argent sur l’album Dark Side Of The Moon de Pink Floyd. 

Les albums unifiés par un thème ou une histoire élaborée et dominante sont communs au rock progressif. On les appelle les ‘‘albums concepts’’. Parmis les concepts les plus fréquents, on en retrouve basé sur l'histoire, le fantastique et le métaphysique. Ironiquement, l’un des plus grands ‘‘album concept’’ de l’histoire du rock progressif, Thick As A Brick de Jethro Tull, se moquent du style des albums conceptuels. 

Comme les chansons ont tendance a être assez longues, ces albums ont souvent des enregistrements qui nécessite plusieurs disques vinyle, cassettes ou disques compacts. Tout dépendant de l’époque à quelle époque ils sont enregistrés. 

Le rock progressif a une ambition lyrique semblable à son ambition musicale, donc il tente d’éviter les sujets pop/rock typiques tels que l'amour, la danse, etc… Il est plutôt incliné vers les thèmes de la littérature classique, du fantastique, du folklore, ou du commentaire social. Peter Gabriel (Genesis) a souvent écrit des histoires surréalistes pour basées les paroles de ses chansons, parfois avec des éléments théâtraux avec plusieurs personnages. Tandis que Roger Waters (Pink Floyd) a combiné la critique sociale avec des luttes personnelles contre la cupidité, la folie et la mort. 

L'image sur la pochette d'un disque et l'emballage est souvent une partie importante du concept artistique. On peut voir que cette tendance a commencé avec le Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles. Cet album provient du mouvement psychédélique de la musique rock, mais a tout de même joué un rôle majeur dans la commercialisation du rock progressif et ce, avant même que ce mouvement musical existe. Ce qui symbolise encore plus l’image de précurseurs du duo créatif Lennon/McCartney. Certains groupes sont également devenu légendaires autant pour la direction artistique de leurs albums que pour leurs œuvres musicales. Le ‘‘look’’ de leurs albums est devenu intégré à l'identité musicale et globale du groupe. Cela a conduit à la célébrité de certains artistes de design, notamment Roger Dean pour son travail avec Yes, et le studio Hipgnosis pour leur travail avec Pink Floyd ainsi qu’avec plusieurs autres groupes de rock progressif. 

À partir du début des années 1970, certains groupes de rock progressif ont commencé à incorporer de la théâtralité élaborée et parfois flamboyante dans leurs concerts. Le chanteur Peter Gabriel de Genesis a porté de différents costumes colorés et exotiques dans ses spectacles et a fréquemment interprété le récit lyrique des chansons. Le groupe a employé des lasers et des miroirs géants synchronisés avec leur musique. Le groupe Yes a incorporé des ensembles de scènes futuristes conçus par Roger Dean, y compris les accessoires gigantesques de vaisseaux spatiaux et l'éclairage complexe. Jethro Tull a libéré des lapins sur scène. Parmis les nombreuses scènes du groupe Emerson, Lake and Palmer, figurait le piano volant de Keith Emerson au concert California Jam. Pink Floyd a utilisé de nombreux effets scéniques, y compris des jeux de lumières et de lasers, des avions qui s’écrase, un cochon géant flottant, des écrans de projection massifs. Puis, en 1980, un énorme mur de briques pour les spectacles de l’album The Wall devançait la scène. Rush a incorporé des lasers et des décors de films dans leurs spectacles. Frank Zappa et The Mothers of Invention ont utilisé un accessoire de girafe géante et ont fait des sketches d’improvisation. L'ancien chanteur de groupe Marillion, Fish, portait un costume de ‘‘fou du roi’’ inspiré du premier album du groupe, Script for a Jester's Tear. 


Suite à cet exposé informatif et historique de ce grand courant musical, je vous invite à présent à faire un grand voyage quotidien avec moi en plongeant dans le vaste océan du rock progressif.


Rick

6 commentaires:

  1. J'ai bien hâte de lire les autres :)
    Bon départ !

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    1. Merci.

      C'est un travail de recherche assez ardu, mais je compte publié une analyse par semaine, si tout va bien.

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  2. Fascinant! le rock progressif a disparu des radars depuis les années 70 et aujourd'hui, bien qu'il est encore des groupes qui poursuivent ce genre musical, il s'agit d'un thème plutôt underground et c'est très décevant.

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    1. Oui très passionnant.
      J'aime cette musique depuis mon adolescence et mon admiration pour elle n'a jamais cessé de grandir. Je n'ai pas beaucoup d'affection pour la facilité et pour moi le vrai art est dans la complexité. Comme je le disait dans mon intro, c'est en effet un genre musical qui a connu son ''peak'' dans les années 70 et comme le courant venait surtout de l'Angleterre, il a perdu beaucoup de galons à l'arrivé du Punk des années 80 ... Cependant, des irréductibles tels que Marillion, Dream Theater, Porcupine Tree etc ... ont porté le flambeau à travers les années 80, 90 et 2000 et certains groupe le portent toujours, heureusement. Lorsque l'on regarde l'histoire de la culture, on constate que tout est cyclique. Donc je garde espoir que d'ici quelques décennies et peu être plus tôt, le pop un peu ''bonbon'' d'aujourd'hui fera place à une musique plus travaillé, qu'elle mettra beaucoup plus en valeur le vrai talent et fera place aux virtuoses, tout comme le rock progressif nous a si bien démontré.

      Merci pour vos commentaires !

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  3. Excellent! Ça donne une idée sur la suite de ce qui, selon moi, sera très intéressant à lire, surtout que je viens de voir sur Facebook, qu'on va plonger directement dans le vif du sujet avec l'un des groupes les plus représentatif de ce qu'est du Rock Progressif... King Crimson. J'ai hâte, mais je suis patient ;-)

    Bonne continuation!

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  4. Merci.

    La table est mise.

    Il est temps désormais pour moi de vous faire mon analyse des grands albums de ce grand courant musical.

    À tout seigneur, tout honneur.
    Je me devais de débuter par In The Court Of The Crimson King. Non seulement car il est l'un des premiers albums entièrement progressif du rock, mais aussi car je le considère le plus important de ce genre.

    Je confirme également que ce ne sera pas la seul analyse de ce groupe. D'autres albums viendront. Je ne m'en tiendra pas à un seul album par groupe, car cela serai un grand manque de respect au groupes centraux du rock progressif tels que King Crimson, Yes, Genesis, Jethro Tull, Pink Floyd, Vandergraft Generator, ELP etc ... En plus, ce serai un crime de s'en priver.

    Bonne lecture

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