Introduction
King Crimson reste, à ce jour, le plus important groupe du rock
progressif. Largement reconnus comme étant les précurseurs de ce genre, ils ont
ouvert la voie aux groupes innovateurs de ce grand courant musical tels
que ; Yes, Emerson, Lake & Palmer, Genesis, Camel, Focus etc …
King Crimson reste, à ce jour, le plus important groupe du rock
progressif. Largement reconnus comme étant les précurseurs de ce genre, ils ont
ouvert la voie aux groupes innovateurs de ce grand courant musical tels
que ; Yes, Emerson, Lake & Palmer, Genesis, Camel, Focus etc …
Plus un état d'esprit qu'un style, la musique de King Crimson a
constamment cherché a se nourrir à travers les amalgames de formes existantes
de la musique, se détournant de tout moule contemporain, annulant toute notion
qu'il est nécessaire d'adhérer à des formules éprouvées afin de créer une
musique commercialement réalisable.
En 1969 paraît l’acte fondateur du rock progressif. Désormais
considéré à part entière, cet œuvre a, parmi ses principales vocations,
d’élever l’esprit au-dessus des quotidiennes contingences matérielles et l’âme
au-dessus de la stratosphère, en dressant au passage les poils par les
délicieux frissons provoqués sur le derme des mélomanes. Cette création d’un
nouveau monde ce nomme In The Court Of The Crimson King. Les caractéristiques
de l’album le hisse à un degré tel qu’elles en font, plus largement, l’une des
œuvres les plus remarquable de l’histoire de la musique moderne.
Membres du groupe au moment de l’album
Robert Fripp (guitare électrique et
guitare acoustique)
Moteur de ce groupe innovateur et exerçait le
contrôle créatif. Il a influencé un grand nombre de musiciens et il est
considéré comme l'un des pères du rock progressif. Il est souvent cité comme un
‘‘scientifique du rock’’, pour son style de guitariste bien particulier et son
mépris envers les vedettes rock typiques, plus portés vers le spectacle que la
qualité sonore de leur musique.
Greg Lake (chants et basse)
Malgré tout mon respect pour John Wetton, Gordon
Haskell et Boz Burrell, Greg Lake sera a jamais considéré comme le meilleur
chanteur de King Crimson. Sa voix est si présente et si émouvante qu’elle doit
être considérée comme un instrument de musique à elle seule. Lake quitta le
groupe, suite à l'enregistrement de l'album In The Wake Of Poseidon, afin de former le premier ‘’super groupe’’ du rock progressif (un groupe
formé de musiciens ayant eu du succès antérieurs), Emerson,
Lake & Palmer.
Ian McDonald (Piano, orgues, clavecins,
mellotron, flûtes, clarinette, saxophone, vocalises)
Le mellotron, utilisé par le claviériste Ian
McDonald sur l’album, est un instrument de musique polyphonique à claviers
lisant les sons sur des bandes magnétiques. C'est l’un des instruments le plus
associé au rock progressif. King Crimson
fût l’un des tout premier groupe a en faire usage, avec les Beatles et Moody
Blues.
Michael Giles (Batteries, percussions et
vocalises)
Membre fondateur de King Crimson, il quitte le
groupe à la fin de 1969, peu après la sortie de l’album. Il apparaît encore, en
tant que musicien de session, sur le second album du groupe, In The Wake Of
Poseidon, en 1970.
Peter
Sinfield (Parolier)
À l’instar des Beatles, King Crimson bénéficiait
d’un 5e membre non-musicien. Bien que ne jouant d’aucun instrument et ne
chantant pas sur l’album, le parolier Peter Sinfield est l’un des principal
responsable du chef-d’œuvre que représente In The Court Of The Crimson King. En
effet, si Robert Fripp symbolisait le cœur du groupe, Sinfield était sans aucun
doute l’âme de King Crimson, grâce à sa poésie profondément inspirée par William
Shakespeare.
Couverture de l'album
À
l’instar de son œuvre musical, la pochette de Barry Godber (peintre et
programmeur informatique) a impressionné les esprits à sa sortie avant de
compter parmi les illustrations les plus célèbres. On y voit en très gros plan,
cadrage serré à l’appui, le visage de colère et de peur d’un personnage humain,
dessiné à la façon ‘’B.D.’’ ou science-fiction. Ce visage, dans de nombreuses
facettes, décrit l'innovation, le son et l'intensité de ce micro-sillon. À
noter que ce fût la seule couverture d'album peinte par Barry Godber, puisqu’il
est décédé en Février 1970 à l'âge de 24 ans.
Les chansons
1. 21st Century Schizoid Man (7:20)
"Death seed blind man's greed
Poets' starving children bleed
Nothing he's got he really needs
21st Century Schizoid Man"
Poets' starving children bleed
Nothing he's got he really needs
21st Century Schizoid Man"
Mélodie : 21st Century Schizoid Man est une
chanson absolument frénétique, qui semble chaotique, mais est en ce sens
parfaite. Elle est introduite par le son d’une mise
sous tension à peine audible, poussant l’auditeur néophyte à monter le son.
Erreur qui risque de provoquer un choc, délibéré sans nul doute, lorsque
explosent les violentes notes de guitares et de saxophones. La musique exprime
une sensation de frustration et de colère par des changements brusques, une
instrumentation complexe et un son innovateur. Tout y est tonitruant et
excessif. Que ce soit la guitare saturée de Fripp, le clavier débridé de McDonald,
la batterie épileptique de Giles et la basse à l’unisson de Lake. Le chant à la
voix distordue et écorchée de ce dernier renforce l’impression d’aggresivité
qui se dégage tout au long de la pièce.
Quant à la section centrale, rarement a-t-on entendu une meilleure
fusion de jazz et de rock. La guitare lente et sombre qui s'oppose à l'ensemble
de jazz rapide fournissent une véritable expérience schizoïde (Relatif à la
schizoïdie, constitution mentale qui prédispose une personne à se replier sur
elle-même et à avoir des difficultés à créer un contact avec son
environnement). J’affectionne particulièrement le segment ou les musiciens
alternent entre des mouvement lents et rapides de façon subséquentes (4:38 de
la chanson). Sans être un musicien, je peux apprécier le niveau très élevé de
difficulté. La chanson est, dans son ensemble, extrêmement célèbre pour les
habitués du rock progressif. Le riff de guitare explosif est probablement le
meilleur que je n’ai jamais entendu.
Paroles : Il existe plusieurs rumeurs voulant que les paroles de Sinfield symbolisaient une revendication contre la guerre du Vietnam. Très probable puisque l’album est sorti en 1969, en pleine période de contestation sociale. Cependant, le parolier n’a jamais confirmé ce fait. On peut également y déceler une critique de la torture, de l'assassinat politique, de la famine et de la consommation à outrance. Tous des sujets chauds de cette époque tumultueuse, dans le domaine socio-politique et culturelle.
2. I Talk To The Wind (6:05)
"Said the straight man to the late man
Where have you been
I've been here and I've been there
And I've been in between."
Where have you been
I've been here and I've been there
And I've been in between."
Mélodie : Changement radical d’ambiance dès les premières notes du titre suivant. Inspirée légèrement du folk rock, I Talk To The Wind est une chanson très douce. La mélodie est véritablement pure, accompagnée d’une légère improvisation à la flûte, d’un chant de velour et de delicat ‘’snare drums’’. Bien que courte, elle exerce parfaitement sa raison d’être, agit d’intermède entre deux puissantes et lourdes pièces. À la fin de la chanson, les doux roulements de tambours nous mène à la piste Epitaph.
Paroles : Les paroles, magnifiquement chantées par Greg Lake, sont une vision optimiste sur la solitude et comment elle peut être réconfortante.
3. Epitaph (8:47)
" Knowledge is a deadly friend
If no one sets the rules.
The fate of all mankind I see
Is in the hands of fools."
If no one sets the rules.
The fate of all mankind I see
Is in the hands of fools."
Mélodie : Pièce centrale de l’œuvre, Epitaph combine dans une
rare intensité les sentiments de grandeur, de désespoir et de révolte, d’autant
plus émotionnellement forts qu’ils sont exprimé avec une digne retenue. La voix
de Lake s'adapte parfaitement à la guitare de Fripp et au mellotron
mélancolique de McDonald. Les couplets pessimistes laissent place à une autre
section centrale qui deviendra une référence, une influence, pour tous les
artistes du rock progressif. Il s’agit d’un passage instrumental fortement basé
sur le matériel des couplets antérieurs démontrant tout le talent des musiciens
du groupe. Un style très atmosphérique qui serait développé plus tard par Genesis.
Enchaîné d’une reprise violente de la structure versets/refrains du début, pour
finalement conclure par un air de synthétiseur mélancolique, parsemé
d’étonnantes explosions successives de percussions. Il n'y a aucune manière
concevable de transmettre à n'importe qui le pouvoir de cette chanson. Elle est
tellement émotive et si incroyable. Le chant de Lake est excellent. Sa voix
déchire la musique comme une balle, dirigeant la mélodie dans ses flots et
reflux. Le son des cordes du mellotron fait de cette chanson une épopée épurée.
La musique vous apporte dans les affres de la dépression. Vous pouvez imaginer
un homme déchiré par la confusion et la frustration.
Paroles : Cette chanson est une critique de
l'utilisation de la science par la société à des fins militaires. Les paroles
prennent un accent prophétique, d’un ton sombre et pessimiste.
4. Moonchild (12:11)
"Call her moonchild
Dancing in the shallows of a river
Lonely moonchild
Dreaming in the shadow of the willows''
Dancing in the shallows of a river
Lonely moonchild
Dreaming in the shadow of the willows''
Mélodie : Moonchild est un exemple parfait
d’improvisation musicale. Elle est la piste la plus axée
sur le jazz, malgré qu'elle garde sa structure symphonique. Débutant calmement
et doucement avec un rythme très défini, un travail de guitare unique et une
sublime passe de mellotron, donnant une ambiance à la fois lugubre et
lunatique. La première écoute donne l'impression d’une autre chanson dans la
même veine que I Talk To The Wind, mais autour de 3 minutes commence la fusion
et l’improvisation. Rien de si complexe n’a jamais été tenté dans le cadre
d’une chanson rock auparavant. Le manque de structure logique donne
l’impression que le groupe était dans un ‘‘jam session’’. McDonald et Fripp
sont remarquables dans cette chanson. À la première écoute, les 10 minutes
d’improvisation qui suivent les 3 premières minutes, peuvent sembler ardues.
C’est à ce moment qu’on sépare les hommes des enfants. Il s’agit d’un bon test
pour déterminer jusqu’ou vous pouvez repousser les limites d’un auditeur de
rock traditionnel. Mon conseil, asseyez-vous, fermez les yeux, ouvrez votre
esprit, et écoutez. Vous constaterez que ce segment est très fascinant. À vous
de former votre propre opinion.
Paroles : Le récit de Sinfield est un pseudo
conte de fée. L'héroïne vit dans une région utopique inhabitée et elle souffre
de solitude.
5. In The Court Of The
Crimson King (9:22)
"The yellow jester does not play
But gently pulls the strings
And smiles as the puppets dance
In the court of the crimson king."
But gently pulls the strings
And smiles as the puppets dance
In the court of the crimson king."
Mélodie : La chanson titre est un voyage médiéval épique qui
démontre rien de moins que l’éclat sonore du groupe. Grâce aux brillants
arrangements de la guitare acoustique, le sombre piano, les chœurs ténébreux,
les solos de flûtes atypiques qui forment un contraste par rapport au reste des
mélodies, la voix fulgurante de Greg Lake et sans aucun doute, les meilleurs
passes de batteries de tout l’album, In The Court Of The Crimson King représente
une symphonie héroïque. Le passage des vers lyriques aux chœurs instrumentaux
n'est rien de moins qu’illuminant. Les transitions des couplets calmes et
mystérieux à la fois, au refrain violent et explosif, n’est rien de moins
que de la pure brillance. Elles forment une multitude de ‘’Crescendo’’ tout au
long de la pièce. Les cordes combinées avec les chœurs sont riches en
substance. La batterie est rythmique et superbe. Le groupe s’est totalement
surpassé avec cette suite médiévale. Si je vous demande de définir le mot
épique, les chances sont que votre définition soit totalement écrasé par cette
chanson.
Paroles : Le texte de cette chanson est un
aboutissement de fantasmes et de rêves imaginés par Peter Sinfield. L'univers
du parolier est grandement Influencé par l'époque médiévale et le vieux
folklore anglais.
Rick

